Une lesbienne de 32 ans a été violée par deux hommes la semaine dernière à Béziers. Selon les premiers éléments de l'enquête, c'est au cours d'une soirée organisée par un de ses amis que la victime a rencontré les deux individus. Ces derniers ont proposé à la jeune femme de la raccompagner chez elle. Il semblerait que ce soit l'annonce de son homosexualité qui ait provoqué le viol particulièrement violent : viol avec une bouteille, puis viol à plusieurs reprises par les deux hommes. La victime a pu échapper à ses agresseurs en sautant par son balcon et en atterrissant chez son voisin, un étage plus bas. Aussitôt alertés, les services de secours et de police sont intervenus, interpellant les deux hommes, qui ont été placés en détention et mis en examen. (Sources : ladepeche.fr + lci.fr)
Pour réagir à cette affaire, Bartholomé Girard, jeune président de l'association SOS Homophobie, était l'invité hier soir d'Audrey Pulvar sur la chaîne info i-Télé. GayClic vous propose de regarder la fin de son intervention (le temps d'attraper la télécommande de notre graveur, nous avons raté le début).
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c'est terrible ce qui c'est passé...
Qu'est-ce qui peut passer par la tête de ces gars là ?
c'est HORRIBLE.
Une énorme pensée pour cette femme
Ce qui m'énerve c'est que tu, pardon, c'est que vous vous révoltez davantage sur "c'est toujours dans la ville de Béziers" plutôt que sur "un viol homophobe".
MERDE, c'est quoi la priorité là?
qu'est-ce qu'on s'en br**** de la ville où ça s'est passé !
il est pourtant urgent de combattre l'homophobie dès l'école !
Et tetu, ta réaction est horrible aussi.
@sam29: Sos Homophobie publie chaque année son rapport annuel qui recense les temoignages reçus par l'association.
Ce rapport est d'ailleurs disponible dans son integralité en telechargement sur leur site.
Malheureusement, et comme le souligne le president de l'association, meme si le rapport en tant que tel est deja edifiant en l'etat, il ne peut offrir qu'une vision partielle de la situation de l'homophobie en France.
Maintenant, est-ce que l'homophobie augmente en France ? Non et oui. Non dans l'ensemble de la société il recul plutôt. Oui parce que certains groupes régressifs sont en augmentation, notamment les intégristes et les gens encore imprégnés de cultures étrangères très régressives en la matière.
Que dire sinon, COURAGE à la victime...
Cette agression est trés choquante,horrible,il faut punir les auteurs de cet acte effroyable et lâche de la maniére la plus ferme.
Présenter aux enfants le dessin animé le baiser de la lune à l'école et au sein des familles est trés important,pour les familiariser avec la tolérence et le respect.
J'espère qu'au moins la justice va faire son job et le enfermer pour un bail (à défaut de leur couper ce que je pense...)
Mais bon a tout les coups ils vont même pas faire un an de prison..déplorable.
En parcourant le rapport annuel 2009 sur l’année 2008 (merci de porter notre attention dessus), on peut lire que le nombre de témoignages reçu par l’association est stable depuis plusieurs années (un peu au dessus de 1200 appels par an) et que le nombre d’agressions physiques relevées en 2008 a diminué par rapport à 2007 (61 en 2008 contre 132 en 2007). Par contre, le nombre de témoignages faisant état de propos homophobes entendus ou vus dans les médias a augmenté, "en forte hausse par rapport à l’an dernier" (2007) peut-on lire dans le dernier rapport. Même si ces chiffres ne vont pas dans le sens d’une augmentation de l’homophobie générale et peignent un tableau partiel de l’homophobie en France, ils n’en sont pas moins très intéressants. Notamment parce que contrairement aux idées reçues, le nombre de (témoignages de) violences physiques homophobes a fortement diminué alors que dans le même temps, le nombre de (témoignages de) propos homophobes relevés dans les médias a fortement augmenté. Il serait peut-être intéressant de faire une étude ciblée pour démontrer ou non l’existence d’un lien entre les deux. Peut-être que l’étalage public de l’homophobie (individuellement par internet, ou par procuration en s’identifiant aux propos d’hommes et femmes politiques par exemple) joue le rôle de soupape pour certains français ?...
Il aurait été bon aussi de rappeler que lorsque des actions médiatiques ostensiblement favorables à l’homosexualité sont mises en œuvre (Baiser de la lune pour n’en citer qu’une), des réponses médiatiques ostensiblement homophobes s’affichent publiquement et contribuent à cette impression de "résurgence" homophobe.
L'information date d'une semaine et je l'ai apprise au journal de france3 le midi. J'ai par contre regardé et enregistré les infos du soir sur TF1 et france2 et pas un mot dessus par contre... C'est pas assez médiatique comme fait divers apparemment. C'est révoltant !
Pour preciser, quand je parlais de statistiques "partielles" c'etait sur un plan quantitatif. (sos homophobie ne peut se baser que sur les faits dont elle a connaissance)
Je ne voulais pas du tout en diminuer la pertinence.
C'est entre autres pour cette raison que j'en rappelais la disponibilité sur leur site. :)
Pour le bottage en touche, on aurait pu s'attendre a un avis plus tranché sur la question c'est certain...
En meme temps son discours mesuré a l'avantage de ne preter pas le flanc a la caricature preferee des detracteurs du militantisme, qui ne voient chez les militants que des hysteriques criant au loup.
(mais je suis bien d'accord que des faits et chiffres plus precis n'auraient pas fait de mal)
énormes pensées pour cette jeune femme de mon âge qui est tombée sur des malades mentaux.. je lui souhaite beaucoup de courage pour surmonter ça. de tout coeur avec elle.
Bonsoir,
Merci de l'attention que vous portez à SOS homophobie, son action et le rapport que l'association publie chaque année.
Il convient de revenir sur certains points que vous soulevez, néanmoins.
Tout d'abord, les statistiques de SOS homophobie sont effectivement "partielles". Comme je le dis dans l'interview, il n'est pas possible, aujourd'hui, en France, de dire si l'homophobie recule ou augmente. C'est un fait. Nous pouvons dire qu'elle existe, qu'elle est toujours présente, nous pouvons parler de certaines de ses manifestations, du degré d'inhumanité qu'elle peut atteindre, du nombre considérable de témoignages que nous recevons... mais d'aucune façon la quantifier scientifiquement, avec des statistiques univoques. SOS homophobie a "des chiffres", nous pouvons dire que trois personnes nous contactent chaque jour (!) pour nous rapporter des propos homophobes, que 15% d'entre elles sont des femmes (donc un fait lesbophobe rapporté tous les trois jours)... mais cela ne reste "que" partiel, la face émergée de l'iceberg. Malheureusement, et à nouveau comme je le dis à Audrey Pulvar, de trop nombreuses victimes ne nous contactent pas, et taisent leur souffrance.
Je n'estime donc pas "botter en touche" quand j'énonce des vérités simples, qui plus est quand il s'agit d'être prudent et nuancé, plutôt que d'affirmer de façon péremptoire "oui, la gayphobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie augmentent", sous prétexte que cela servirait notre cause.
Ensuite, concernant le lien hypothétique que vous établissez, Sam69, entre la diminution du nombre de témoignages d'agressions physiques et le nombre de propos homophobes relevés dans les médias, la comparaison ne tient pas la route très longtemps, mais en outre se base sur une logique obscure : la simultanéité de deux phénomènes ne signifie pas nécessairement lien de causalité.
Nous sommes en train de préparer le rapport 2010, et je peux d'ores et déjà vous annoncer qu'un nombre plus important d'agressions physiques à caractère homophobes nous a été rapporté au cours de l'année 2009. Est-ce que cela nous permet pour autant de dire qu'il y en aura plus ou moins l'année prochaine ? Non. De dire que l'homophobie augmente ? Non plus. Mais elle est toujours aussi violente, comme en témoignent les victimes qui nous appellent ou nous écrivent.
Bien à vous,
Bartholomé Girard
Et quand on sait ce qui peut se passer dans les prisons... Peut-être feront-ils eux-mêmes l'expérience d'un viol. Pour le coup et même si ce n'est pas politiquement correct je trouve que c'est précisement quelque chose qu'ils mériteraient bien.
Mais bon, en tant que lesbienne moi même, ça doit être de la simple rancune bête et méchante pour parler ainsi (j'avoue que ma réaction première n'est pas des plus civilisée). L'ennui c'est que la prison... Ben d'accord mais après ?
Punir, ok. Rééduquer c'est mieux. Eduquer dès l'école primaire, encore plus...
C'est dans ces moments là qu'on se rencontre de l'importance réelle que représentait le Baiser de la Lune.
Après je pense pas qu'il faille sombrer dans le mélodrame pour autant. Certe cette femme a passé un très sale moment mais j'espère pour elle qu'elle saura ne pas se laisser aller à la dépression. Mais bien au contraire se ressaisir et ne pas laisser le souvenir être plus destructeur que le viol en lui-même.
Lors du premier visionnage de la vidéo, ce qui m’a interpellé c’est l’absence de référence aux indicateurs statistiques à disposition de l’association. Par l’expression "botter en touche" je faisais référence au fait de ne pas évoquer ces indicateurs pour faire état d’une tendance, même imprécise, dans l’évolution de l’homophobie en France (ce que demande Audrey Pulvar). Il est bien évident qu’il ne faut pas confondre un recueil de témoignages volontaires (et les chiffres qui en découlent) avec une étude statistique systématique beaucoup plus proche de la réalité. Bartholomé a raison de prendre toutes les précautions nécessaires et nuancer sa réponse, d’autant plus que les chiffres de l’association sont nuancés eux-mêmes ! Mais dans ce type d’interview, on attend naturellement des chiffres qui témoignent du travail de l’association. Les chiffres en question ne vont pas dans le sens d’une augmentation de l’homophobie en France, par contre ils montrent peut-être une évolution dans la forme qu’elle prend.
Par ailleurs, la simultanéité de deux événements n’entraîne évidemment pas nécessairement un lien de causalité, mais ici on parle de deux indicateurs, l’un relatif aux agressions physiques et l’autre relatif à la médiatisation de l’homophobie. Il est naturel de se demander si ces deux indicateurs sont indépendants ou s’il existe un lien entre les deux, même obscur...
Bartolomé, j’espère que tu ne prendras pas mal toutes ces remarques, je me contente de donner mon avis de spectateur et cela n’enlève rien à l’estime que je porte à l’association et à son travail. Je lirai avec plaisir le prochain rapport 2010. Merci pour ton travail.
Quant à savoir si l'homophobie est en recrudescence, tant que des actes aussi violents auront lieu et que des gens se croiront autorisés à les perpétrer, tant qu'un gouvernement ne prendra pas clairement position et acte sur ce sujet (des films à l'école à l'adoption et au mariage), c'est un peu chercher à soigner le symptome au lieu de la maladie.