Les obsèques du couturier Yves Saint Laurent, décédé dimanche à l'âge de 71 ans, ont eu lieu hier jeudi 5 juin 2008 en l'église Saint Roch à Paris dans le premier arrondissement. Un millier d'anonymes et de nombreuses personnalités étaient venus rendre un dernier hommage au couturier...
L'hommage le plus touchant fut celui rendu par Pierre Bergé, l'homme qui partagea la vie d'Yves Saint Laurent pendant 50 ans... Un hommage magnifique et émouvant que nous vous proposons de regarder dans son intégralité. (Source vidéo : LCI)
Une déclaration d'amour d'un homme à un autre dans une église... à méditer...
(© photo : Fabien de Serres)
Merci de me faire voir que c'est possible.
Damien
Ça donne envie...
Et le spectacle continue.
On n'a pas idée de l'importance de Pierre Bergé dans la reussite de l'entreprise YSL. Pendant que Yves Saint Laurent calmait son spleen chronique, son mal de vivre et ses angoisses issues d'une exigence créative inhumaine à coups tranquillisant et d'une consommation effroyable de drogue et d'alcool (tant et si bien qu'en 1976 Bergé quitte le domicile commun de la rue de Babylone) Pierre Bergé veillait à la bonne gestion de l'entreprise, poussait Yves à la fin des défilés sur le podium pour le salut alors que ce dernier était hagard de Lexomil. Quel déchirement ce fut pour son entourage de le voir se détruire pareillement.
J'ai vu hier soir le dernier défilé d'YSL en 2002, son défilé retrospectif au centre Pompidou en 2002 sur Paris Premiere, c'était INCROYABLE, des robes de 1968 qui étaient dessinées comme celles d'aujourd'hui, aucun anachronisme. Mais je me suis dit, que de souffrance pour tant de beauté, ça vallait la peine cependant, grâce à tout ça Yves Saint Laurent est immortel dans la galaxie de la création artistique mondiale.
Pierre & Yves, nous n'oublions pas ici chez gayclic que cette gloire artistique, la meilleure de toute car elle produit de la Beauté à hautes doses, est le fruit d'une époustoufflante histoire d'amour homosexuelle.
Yves Saint Laurent, LOVE 1936-2008
PS excusez les fautes j'ai dû me grouiller !
Pierre Bergé ne sera jamais assez suffisant à defendre la mémoire, l'honneur et le patrimoine artistique d'YSL. Cependant, lorsqu'il est question de sortir son carnet de chèque pour financer sa danseuse qu'est TETU ou financer la lutte contre le sida au tout début quand cela ne froissait personne de voir que seuls les homosexuels crevaient du sida, Pierre bergé a été là avec un YSL plus en retrait, il l'a fait à coup de millions où en ouvrant son carnet d'adresse. Il aurait tout aussi bien pu rester bras croisés comme d'autres membres de l'élite politique et industrielle française.
Je savoure tous tes mots sur l'ironie mordante, aboyante même, des serviteurs de l'église Saint-Roch qui en effet devaient se dire mais on célèbre la mémoire d'un inverti, d'un fils de Sodome. Mais bon, on peut aussi se dire que tout les princes de l'Eglise ou de ses serviteurs ne sont pas tous homophobes.
Bien à toi
Chacun à sa manière de vivre un deuil . De quel droit donnez vous des leçons ?
Bizarre que vous n'ayez pas remarqué que sarkozy mettait sa main sur la cuisse de Cécilia pendant l'enterrement ....
Si aujourd'hui les homos ne vivent plus cachés c'est grâce à mai 68 qui a fait voler en éclat la société sexiste et homophobe que vous sembler regretter .
Il aurait pu mieux faire, ce me semble.
PS Assez du même avis que Céléos et Puech de Ribaldières !
Pour ma part, je sympathise beaucoup avec Pierre Bergé. Vivre 50 ans avec un être cher et soudain en être séparé, voilà une expérience difficile à vivre. Voilà bientôt 26 ans que je vis avec mon compagnon et je me dis que si nous nous rendons à 50 ans ensemble, ce qui nous donnera environ 74 ou 75 ans, nous en serons bien heureux. Déjà, je me sens comblé des 26 ans que nous avons eu la chance de partager. La vieillesse est parfois difficile à vivre et ce n'est pas pour les mauviettes. Que ceux qui se reconnaissent se préparent! Ce sera là un autre défi à relever.
Merci à Gayclic de nous avoir fourni cette vidéo. Brel me fait encore vibrer.
Respect et Dignite
Monsieur Saint Laurent va reposer dans son magnifique jardin de Majorelle, c'est un lieu magique.
Au revoir Monsieur...
La célébration... Que dire, moi qui ai déjà perdu des très proches? On est beaucoup plus dans la représentation que le réel.
YSL était sans doute un grand créateur, un artisan de génie, doté de talents et surtout d'une exigeance qui confinait à la psychose. Aujourd'hui il est mort. Et oui, ce n'est qu'un homme comme vous et moi finalement. "Parler de la postérité, c'est faire un discours aux asticots" (Céline).
Voilà ce que m'inspire toute cette hystérie funéraire qui semble contredire au fond ce que peut-être YSL était dans l'intimité de son coeur: un homme bon et généreux. Je ne sais pas. Dieu seul sait.
L'homosexualité peut aussi donner naissance à un amour digne, puisse Mr Sarkozy entendre raison et mettre de côté ses opinions personnelles afin de permettre à des hommes tels que Mr Saint-Laurent et Mr Bergé de s'unir et d'avoir les mêmes droits qu'un couple hétéro avant qu'il ne soit trop tard...
Merci pour cette hommage
Et même si je me tient très loin du monde de la mode, en tant qu'artiste, je ne peux être que triste qu'un des miens nous quitte.
En tout cas, très belle éloge, encore plus dans une église. Leurs amour devait être incroyable.
Ce sont tes propos qui sont affligeants. Au delà du personnage YSL c'est avant tout un être humain qui est décédé : la moindre des choses serait de respecter l'hommage qui lui est rendu.
je reste soufflé par ta réaction et stupéfié par tes arguments qui ne tiennent droits ( et encore !) que si dans mes propos figurait un quelconque nationalisme, hors il n'en était rien.
Cependant, je me trouve ravi et fier quand je voyage ( et je voyage pas mal !) de savoir que quand je prononce Yves Saint Laurent ou au hasard si la personne est cultivée Proust pour qu'on me balance en pleine poire (j'en fus témoin !), c'est la France !
Je te signale au passage que ce sont uniquement, aller, on va dire le plus souvent, les artistes qui ont le plus respecté leur environement culturel et qui l'ont parfaitement integré qui sont demeurés dans l'histoire de l'art comme les plus universels. Comment alors expliquer qu'un Marcel Proust qui a passé les 15 dernieres années de sa vie enfermé dans sa chambre couverte de liège à Paris et qui a verrouillé toute son oeuvre dans le monde ultra-élitiste de la haute bougeoisie du Fauboug Saint-Germain ou qu'un YSL enfermé dans son studio parisien de l'avenue Marceau soient tous deux parvenus à une gloire mondiale ? Mais parcequ'ils sont éminemment français, qu'ils n'ont en rien oublié d'où ils venaient et qui étaient leurs paires culturels respectifs. Et puis CAMBRONE!
Yves Saint Laurent me rend fier d'être français, c'est pas pour autant que je crache à la gueule des autres nations.
@Odilon,
bien entendu ! Ca va te surprendre !? Mais je souscris à tous tes arguements, t'as bien raison va !
Voilà ce que Pierre Bergé a dit devant le catafalque de son compagnon Yves Saint Laurent. Je te l'ai trouvé sur le site du mensuel TETÛ. Je trouve ce texte magnifique.
Bien à toi
Yves...
Comme le matin de Paris était jeune et beau la fois où nous nous sommes rencontrés! Tu menais ton premier combat. Ce jour-là, tu as rencontré la gloire et depuis, elle et toi, ne vous êtes plus quittés. Comment aurais-je pu imaginer que cinquante années plus tard nous serions là, face à face, et que je m'adresserais à toi pour un dernier adieu? C'est la dernière fois que je te parle, la dernière fois que je le peux. Bientôt, tes cendres rejoindront la sépulture qui t'attend dans le jardin Majorelle de Marrakech.
C'est à toi que je m'adresse, à toi qui ne m'entends pas, qui ne me réponds pas. Tous ceux qui sont ici m'entendent, mais toi seul ne le peux.
Comment ne pas se souvenir? Je me souviens de cette première rencontre et de celles qui ont suivi. Je me souviens du jour où nous avons décidé –mais décide-t-on dans ces cas là?– que nos routes allaient se rejoindre et n'en feraient qu'une. Je me souviens de t'avoir annoncé sur ton lit d'hôpital au Val-de-Grâce que tu n'étais plus à la tête de la maison de Haute Couture qui t'employait et je me souviens de ta réaction: «Alors, m'as tu dit, nous allons en fonder une ensemble et tu la dirigeras.» Je me souviens de la chasse à l'argent, des écueils qui surgissaient de partout, mais pour toi j'aurais affronté plus de risques encore. Je me souviens de ta première collection sous ton nom, rue Spontini, et de tes larmes à la fin qui témoignaient de mois de doute, de recherche, d'angoisse. Une fois de plus la gloire était venue te frôler de son aile. Puis les années se sont succédé et avec elles les collections. Comme elles ont passé vite, ces années, et comme tes collections ont façonné leur époque. De tous les couturiers, tu fus le seul à avoir ouvert le livre de ta vie, à le commencer au chapitre I, à l'écrire, et à y inscrire le mot «Fin». Tu avais compris que l'époque qui s'annonçait ne demanderait ni rigueur ni exigence, et après un dernier défilé au Centre Pompidou qui demeurera dans la mémoire de la mode, tu as quitté à jamais ce métier que tu avais tant servi et que tu avais tant aimé.
Tu ne t'es jamais consolé de cette séparation. Tu avais une passion pour la création de mode mais, comme cela arrive parfois dans certains couples, le divorce était inéluctable. Ce qui n'empêche pas de continuer à aimer ni de souffrir.
Je veux te dire, moi qui fus ton plus proche témoin, qu'entre toutes, les qualités que j'ai le plus admirées chez toi sont précisément l'honnêteté, la rigueur et l'exigence. Tu aurais pu parfois te couler dans la mode mais tu n'y as jamais songé, fidèle au style qui fut le tien. Tu as eu bien raison, puisque ce style est celui qu'on retrouve partout. Peut-être pas sur les podiums de mode, mais dans les rues du monde entier. Ta complicité avec les femmes, que tu revendiquais haut et fort et dont tu étais le plus fier n'a jamais cessé. Avec Chanel –car si un nom doit être cité aujourd'hui, et un seul, c'est bien le sien–, Chanel qui t'avait désigné comme son successeur, tu auras été le couturier le plus important du XXe siècle. Elle de la première moitié, toi de la seconde.
Sur la plaque de marbre qui t'attend, au-dessous de ton nom, j'ai voulu que soit gravé «couturier français». Couturier tu l'as été ô combien! Tu as construit une œuvre dont les échos seront longtemps audibles. Français, car tu ne pouvais rien être d'autre. Français, comme un vers de Ronsard, un parterre de Le Nôtre, une page de Ravel, un tableau de Matisse.
Pascal, qui ne l'aimait pas, reproche à Montaigne de préférer son œuvre à tout. C'est Montaigne qui a raison. C'est ton œuvre qui t'a permis de vivre, de supporter l'angoisse qui fut la tienne depuis ton plus jeune âge. L'artiste est ainsi fait qu'il ne trouve de salut et de raisons d'espérer que dans la création.
Comment, à ton propos, ne pas citer Proust? Tu appartenais, en effet, à «cette grande famille magnifique et lamentable des nerveux qui est le sel de la terre. Tout ce que nous connaissons de bien nous vient des nerveux. Ce sont eux, et non pas d'autres, qui ont fondé les religions et composé les chefs-d'œuvre. Jamais le monde ne saura ce qu'il leur doit et surtout ce qu'eux ont souffert pour lui donner.»
Voilà, Yves, ce que je voulais te dire. Il va falloir se quitter maintenant et je ne sais comment le faire. Parce que je ne te quitterai jamais –nous sommes nous jamais quittés?– même si je sais que nous ne regarderons plus le soleil se coucher derrière les jardins de l'Aguedal, que nous ne partagerons plus d'émotion devant un tableau ou un objet d'art. Oui, tout cela je le sais, mais je sais aussi que je n'oublierai jamais ce que je te dois et qu'un jour, j'irai te rejoindre sous les palmiers marocains. Pour te quitter, Yves, je veux te dire mon admiration, mon profond respect et mon amour.
Pierre Bergé
Poème d’Yves Saint-Laurent
J’ai vu des beautés immenses et délicates
dîné dans des palais éblouissants de capitales tribales
et dormi entre le ciel et le sable du Takla Makan
Je me suis fait l’ambassadeur de rois guerriers
j’ai rencontré des mongols aux poings effroyables
et des pêcheurs de perles mi-hommes mi-poissons
J’ai glissé mes mains sous des voiles interdits
touché l’intouchable
et vécu les nuits sublimes du cantique des cantiques
J’ai dompté des chevaux Kirghiz
franchi le toit du monde et écouté le Dalaï Lama
J’ai coupé le santal de Mysore
incisé le pavot d’Anatolie
et broyé le safran du Madhya Pradesh
Je me suis enivré dans le jardin de roses du poète Saadi
j’ai tourné jusq’au vertige avec les derviches de la corne d’or
et volé comme un aigle avec un vieux shaman à moitié fou
Je connais l’odeur du suint et du cuir, des palais et des temples
l’odeur de toutes les épices, l’odeur de tous les aphrodisiaques
et celle de la peau des femmes et celle de la peau des hommes
Je suis riche, riche, incomparablement riche de ce que j’ai vécu.
quel courage !
oui, c'est beau que Pierre Bergé parle d'amour dans cette église, pas tant devant les curés, il s'en fout pas mal, mais devant Dieu, qui est Amour et saura reconnaître les siens.
Cher Ansel, tu es bien le seul à voir dans cette cérémonie funèbre selon tes dires :"Je trouve cette cérémonie et ce discours affligeants. Pathos, étalage impudique de sentiments, mise en scène... quel mauvais goût".
Visiblement tu n'aimes pas la pureté et le dépouillement des roses blanches, des lys casablanca et du jasmin. Quand à l'émotion rentrée d'un Pierre Bergé qui, franchement, n'est pas connu pour son sentimentalisme, il me semble que dans une vie, l'enterrement d'un être cher, dès lors le sentimentalisme est pour moi une exigence qui prouve que l'on a du coeur.
Ah ! Fait Ansel, VIVE MAI 1968 et ses appels d'air et aux oublis la France poussièreuse et rance de la France Gaullienne.
Bisous e merci encore a toi Enguerrant
Peut-être qu'il faudrait que tu lises plus attentivement les commentaires de chacun.
A ceux qui répondent qu'on ne peut pas émettre de critique sur le discours de P. Bergé parce qu'il faut respecter l'hommage qu'il fait à YSL :
A partir du moment où un hommage est public, c'est-à-dire fait en présence d'un public nombreux, mais en plus filmé et retransmis à la télévision, on s'attend à ce que nombreux soient ceux qui le regardent, et donc à ce que ces personnes, que l'hommage ne concerne pas particulièrement, aient un avis dessus.
Quant au commentaire d'Ansel, il est juste à vomir. Les antisoixantuitards frustrés savent donner des leçons, mais ne savent manifestement pas respecter la douleur de ceux qui perdent un être cher.
Je trouve gayclick, que j'ai découvert il y a peu, stupéfiant. Vive vous.
Je trouve gayclick, que j'ai découvert il y a peu, stupéfiant. Vive vous.
Quel bon donneur de leçons tu fais... il faudrait tout de même revoir tes principes ; si tu estimes qu'il est normal d'émettre des critiques sur des sentiments exprimés certes en public (vu la notoriété d'YSL) c'est que tu manques sérieusement de valeurs humaines.
Il ne s'agit pas de commenter un discours politique ou un spectacle, réfléchis un peu avant de poster, c'est un article sur une cérémonie funéraire, sur une personne qui est morte, peu importe qu'il s'agisse d'YSL ou de quelqu'un d'autre. C'est tout de même incroyable qu'on ne puisse pas comprendre qu'il faut accorder un minimum de respect aux personnes disparues ainsi qu'à leur proches.
Faites preuve d'un peu plus d'empathie bon sang, ça ne vous fera pas de mal.
Encore merci à vous
Une maman
si tu voyages et que tu es content qu'on te dise "oh you come from paris, eiffel tower, YSL, Proust, etc" tant mieux pour toi alors si c'est ta petite fierté alors que tu n'y as rien à y faire, je te le redis, tant mieux pour toi. Par contre, ton argument me semble des plus tangible, je résume, selon toi, ils se sont enfermer dans leur chambre alors ils ont pu créer sans oublier leurs racines françaises, et du coup avoir une gloire mondiale? c'est completement faux. Tout d'abord, je pense que si tu reste enfermé dans une pièce pour créer, cette pièce n'a plus vraiment d'importance, qu'elle soit en France, en Chine ou au Pérou. De plus, s'ils n'allaient jamais se confronter au monde extérieur, c'est peut-être que celui-ci ne leurs plaisaient pas tant et qu'ils en avaient une image peu positive (enfin ca c'est mon hypothèse). En ce qui concerne le respect de l'univers culturel qui mène à un rayonnement éternel dans l'histoire de l'art, selon tes dires, je crois que c'est completement faux. tu peux songer à plein d'artiste qui créaient justement contre l'univers culturel de leurs sociétés, les exemples sont innombrables. par ailleurs, pour revenir à ton argument sur les artistes qui s'enferment dans leurs chambres françaises et du coup ils en oublient pas leurs racines françaises, et bien, pense à la villa medicis à Rome qui accueille uniquement des artiste français, dans ce cas si je suis ton raisonement, ces artistes français risquent de faire de l'art italien, romain meme, puisqu'ils seront entre quatre murs romains. bref, excuse moi mais ca n'a aucun sens. Il est certain que le lieu où crée un artiste va l'influencer (tout comme son époque, son milieu social, sa culture, etc, là tu n'a rien inventer va lire De L'allemagne de Mme de Staël) mais n'exagérons pas. en tout cas ca ne determine pas une quelconque éminnence française, ds les cas que tu cites. Par ailleurs, un beau contre exemple, qui t'apprendras au passage ce qu'est un alexendrin puisque ca ne semble pas être le cas, Joachim Du Bellay, l'un des plus grand poètes de la littérature francophone (en tout cas du 16ème siècle) auteur du recueil de sonnets en alexandrin LES REGRETS a composé tous ces poèmes en Italie, à Rome. C'est pourtant, comme tu dirais, un des plus grand poète français, mais pour moi là question n'est pas là. Ce qui est important, je le réexplique, c'est l'oeuvre d'art, son mode de création, ce qu'elle représente, etc. la nationalité de son artiste, on s'en moque. Alors peut-etre je m'enflamme un peu, je vous l'accorde, mais voila ce que je pense. après si enguerrand, ta remarque n'avait pas de visée nationaliste, je m'en rejouis.
enguerrand parle du dernier alexandrin, c'est-à-dire "J’ai glissé mes mains sous des voiles interdits", et non pas du dernier vers, qui n'est effectivement pas un alexandrin.
quant à Proust, étant donné qu'il s'agit du plus grand écrivain de langue française, il est relativement logique qu'on l'associe à la France, malgré tout, et malgré sa lecture passionnée de Dostoïevski, de Tolstoï, mais aussi d'écrivains français comme Sévigné, Balzac, Saint-Simon...
Cela fait plaisir de voir que l'on parle un peu (c'est mieux que rien) de littérature ici, parce que chez gayclic, on a tendance à oublier que culture rime aussi avec littérature.
Pour en finir, à propos de Du Bellay, ardent défenseur de notre langue, il a écrit ses sonnets à Rome et dans le val de Loire pour l'Olive. C'était un petit rectificatif tout à fait amical.
Les artistes sans frontières, universels, oui, oui bien sûr, on s’en doute, il y a rarement des « made in… » sur les œuvres. Maintenant, soyons intellectuellement rigoureux et honnêtes. Le concept de nation n’a pas sa place dans la démarche artistique, tout au plus la nation peut-elle être une source d’inspiration ou un objet de célébration (ce qui peut parfois devenir douteux). Ce n’est pas moi qui vais faire de procès aux artistes. En revanche, une démarche artistique s’inscrit très souvent dans un terreau culturel (et jusqu’au XXème siècle, cela a toujours été le cas) dont il est difficile de s'affranchir : en l’espèce, YSL était un couturier français, héritier d’une tradition française qui, sur le plan technique/artistique (je ne reviens pas sur la technè des Grecs) est strictement française. Qu’il y ait par des inspirations, des apports venant d’ailleurs, il serait sot de le contester, je ne vois même pas pourquoi tu t’échines à le démontrer.
Pour la petite histoire, du Bellay a composé les Regrets en France, de retour d’Italie où, déçu, il s’était ennuyé ferme.
comme tes differents posts m'ont rassuré je pensais que personne ne voyait où je voulais en venir. Bergé parlant d'Yves comme quoi il ne pouvait qu'être français, c'était bien entendu dans le sens de la grande et UNIQUE tradition française du vestiaire féminin et de la haute-couture, comme tu l'as si bien bien explicité. J'arrive pas encore à comprendre comment "K" a pu prendre tout cela sous l'aspect ridicule d'un nationalisme franchouillard parfaitement ringard et déplacé.
Tu sembles assurer en culture générale, moi je suis nul en poésie, cependant j'aime beaucoup Vladimir Maiakovsky et son histoire d'amour avec Lili Brik.
Je reste, comme toi il me semble, sous le choc des propos d'Ansel, à cette ce niveau là de violence dans la critique, c'est carrement de la haine et totalement absurde, qu'est-ce que Pierre Bergé et Yves Saint laurent ont a voir dans les évenements politiques de Mai 68 ? S'ils ont bien fait une révolution ces deux là, c'est bien celle du chiffon luxe et cela n'a porté préjudice à personne et en tout cas pas aux femmes.
Une dernière chose Odilon, dis-moi ton pseudo n'est-il pas le prénom d'Odilon Albaret le mari de Celeste Albaret la fidèle et dévouée gouvernante de Marcel Proust et qui a joué un si grand rôle dans la rédaction de la Recherche ? Si tout cela n'a rien à voir alors c'est une coincidence proustienne stupéfiante.
Bien à toi, ami.
@altazor,
toi aussi tu as vu juste dans mes propos, et surtout sur l'annerie de "K" concernant l'alexandrin. Tout comme toi, je suis au combien enchanté que l'on parle littérature sur gayclic. C'est aussi rare que de trouver du platine en barre !
Bien à toi.
@Valère,
comme ton indignation fut belle. Tu peux être fier de toi, je lis et relis ton post emplit de ton experience. Valère, encore une fois, quel beau prénom est le tien !
Quand au loin on aperçoit la rive prochaine de la séparation,
Il n'y a plus que les sentiments pour prouver a quelqu'un qu'on l'aime.
Et si parfois que le cœur par son attitude et ses déraisons
Nous prouve le contraire,
Il n'y a que la réalité de l'amour qui est important.
c'est très beau, vraiment. Hier sur youtube je cherche des infos video sur Yves Saint Laurent et je tombe sur l'interview de Pierre Bergé au siège de la fondation PB-YSL par une journaliste de CNN. La journaliste insiste pour avoir plus de détails sur les derniers jours de vie d'Yves. Bergé ne veut rien dire, mais elle insite, il finit par lâcher une chose terrible. Yves Saint Laurent dans les 2 derniers mois de sa vie ne peut plus parler ni bouger la tumeur cervicale étant trop grosse elle fait pression sur le cerveau et bloque les fonctions moteurs. Lucienne Saint-Laurent la mère du couturier avait l'habitude de téléphoner chaque matin son fils, au cours de ces 2 mois, tous les matins on posait le combiné téléphonique sur le lit près d'Yves pour ainsi entendre sa mère lui glisser (on peut le supputer) les mots d'amour d'une mère à son fils. Là il n'y a plus d'Yves Saint Laurent artiste mondialement reconnu, mais un simple fils calmé par la voix de sa mère alors qu'il doit savoir qu'il partira avant elle. Emotion, émotion intense.
Patrocle, clin d'oeil à ton pseudo, de quelle douleur poignante Achille à t-il pleurée la mort de son amant ? Hector doit être bien detesté des gays comme destructeur de couple gay.
Enguerrand, je te remercie, et je te réponds. Je ne choisi jamais au hasard, Patrocle m'est très attaché, car il représente pour moi la perfection du sentiment amoureux dans le couple Achille-Patrocle.
Apollon était donc enveloppé de nuée lorsqu'il frappe le pauvre Patrocle dans le dos, ce relevant Euphorbe fils de Panthoos le frappe à nouveau dans le dos,celui-ci s'enfuit en courant après avoir accompli son acte. Enfin, une troisième fois le meurtri Patrocle est achevé par Hector aidé par Apollon, qui lui enlève ses armes.
Ménélas et Ajax le Grand protègent le corps et le rendent à Achille, ce dernier décide de venger son amant. Chose qui sera effective aidé d'Athéna, prise de pitié par la vue de l'amour d'Achille pour Patrocle.
voila, ça fais aussi un peu de culture pour ceux qui ne connaisse pas le couple Achille-Patrocle
Le pauvre Givenchy dans sa travée a dû être secoué de tremblements nerveux très vite réprimés par ce gentleman fort bien élevé quand il a entendu qu'entre Chanel et YSL, la vraie rigueur du style n'avait guère existé au XX eme siècle.
Il y avait peut-être aussi quelque chose de suffocant dans l'enceinte même de l'église Saint-Roch.
Tant de fleurs y avaient été acheminées par les meilleurs fournisseurs - particulièrement des jasmins - qui exhalaient des parfums si violents que toutes ces odeurs, exquise prise séparément, devenaient, mêlées en d'innombrables parterres, écoeurantes sous la nef.
Les impressions olfactives rejoignant celles provoquées par certains passages du style dithyrambique et sûrement un peu trop fleuri de ce discours d'adieu.
Pourtant, d'autres passages s'avérèrent plus sobres et émouvants : " quand j'irais te rejoindre sous les palmiers marocains ..." en se rapprochant d'une sincérité première qui touche aux arcanes de la vie.
Il y avait un aspect un peu Bal Guermantes à la fin du "Temps retrouvé" quand tous les personnages du roman, déclassés ou reclassés, dévoilant enfin chacun leur sexualité imprécise, vieillis ou grandis par la noblesse du grand âge, statufiés comme des idoles vacillant sur leurs plus hautes échasses, reviennent une dernière fois saluer une époque qui ne leur ressemble déjà plus.
Ils n'avaient jamais imaginé que ni rien ni personne n'auraient pu changer, mais enfin même le son du Palace paraissait s'être évanoui.
Et ils comprenaient alors qu'ils n'auraient peut-être plus leur place dans une monde où le club mythique de la rue Fbg Montmârtre allait bientôt être transformé en théâtre d'humoristes de la télé...
Dans l'assemblée, Il y avait aussi ceux qui ne changeront jamais : ceux qui - en toutes circonstances - restent égaux à eux mêmes dans l'ambition vulgaire de l'époque qui les a vus arriver et asseoir leur position sociale : ainsi, le gesticulant adjoint à la culture d'une grande ville française arrivé sans carton d'invitation car depuis longtemps brouillé avec le maître de la cérémonie.
Il se vit concédé une chaise au dernier rang parmi les "anonymes" par des appariteurs visiblement gênés par une situation mondaine qu'ils n'avaient pas envisagée dans cette circonstance où, en général, on n'impose pas sa présence quand elle n'y est pas souhaitée.
Mais cet élu connu pour ses coups de force politiques ou financiers se mit à piaffer d'être si mal placé alors que l'édile dont il est l'obligé se trouvait au premier rang entre la première Dame de France et la dernière Impératrice d'Iran.
Ni même 2 ou 3 rangs plus loin auprès du milliardaire d'un Empire du luxe français dont il est le bras droit salarié.
Devant les circonvolutions protocolaires auxquels cet homme si imbu de lui-même a pris l'habitude d'avoir ses droits, les envolées hagiographiques d'un homme endeuillé ne paraissaient pas aussi écoeurantes que cela et retrouvaient même une certaine noblesse. Celle des élégances perdues.
Oui, peut-être, qu'il y a trop de gens petits dans cette ville pour pouvoir saluer un géant pareil lorsqu'il s'en va.
Le mieux est alors de penser à tous ces adolescents qui ont compris quelle est la vraie nature de leurs désirs et qui s'angoissent de solitude et d'incompréhension dans des univers familiaux étriqués, si éloignés en somme de celui rassemblé à Saint-Roch
Quel a dû être leur répit teinté d'espoir vers un horizon plus lumineux, lorsqu'au milieu de l'ennui émollient du dîner familial, au détour d'un reportage de l'apathique journal de TF1, ils ont relevé l'oreille et entendu un vieux monsieur très chic rendant hommage, au soir de sa vie, au compagnon qu'il avait aimé.
Tout cela devant un Président de la République, pour une fois, singulièrement posé et écoutant avec docilité l'ultime message d'amour d'un homme adressé à un autre .
Pour ces adolescents-là, à l'aube de leur vie affective et sociale, si loin du Bal des travées de Saint-Roch, merci à vous, Monsieur.