BUJUMBURA, 22 nov 2008 (AFP) - L'Association pour le respect des droits des homosexuels (Ardho) du Burundi s'est dite "indignée" après l'adoption par l'Assemblée nationale samedi d'un nouveau code pénal qui prévoit notamment la pénalisation de l'homosexualité.
"Nous sommes indignés et atterrés par cette décision de pénaliser l'homosexualité. Nous ne comprenons pas comment des gens qui ont étudié peuvent voter une loi pareille, car l'homosexualité n'est pas une maladie, ni une déviance, c'est inné", a déclaré à l'AFP un responsable de l'Ardho, qui a requis l'anonymat pour des raisons de "sécurité".
"Comment ont-ils pu voter une loi pareille ? Je ne comprends pas, d'autant que, comme le dit la charte de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé), l'homosexualité est innée, déterminée et non modifiable", a-t-il insisté.
"Etre homosexuel au Burundi n'était pas facile jusqu'ici car il fallait se cacher, mais au moins on était toléré. Désormais, ça va être terrible", a expliqué à l'AFP un autre homosexuel, toujours sous couvert d'anonymat.
"Comment allons nous lutter contre le sida dans notre communauté et dans notre pays avec une telle loi puisque désormais les homosexuels vont se cacher?", s'est interrogé le responsable de l'Ardho.
Le parlement du Burundi a adopté samedi un nouveau code pénal prévoyant notamment l'abolition de la peine de mort, mais pénalisant également les relations homosexuelles.
Selon le nouveau code, quiconque entretient des relations sexuelles avec une personne de même sexe est passible d'une peine de trois mois à deux ans de prison et d'une amende de cinquante à cent mille francs (84 USD) ou d'une de ces deux peines seulement".
"Ce code pénal est une régression puisqu'il prévoit désormais de pénaliser l'homosexualité, alors qu'elle était tolérée jusqu'ici", a regretté la députée Catherine Mabobori, qui s'est abstenu durant le vote.
2. Mais surtout, pourquoi s'est-elle abstenue au lieu de voter contre ?
En effet du coté des droits homos c'est complètement une régression, et c'est bien malheureux.
Ya vraiment de quoi s'indigner
Mais malheureusement, on voit que les homos restent des citoyens et citoyennes de seconde zone. C'est sur leur dos que le "progrès" se fait.
Le code pénal a été voté en bloc et il y a urgence sur bcp de sujet... De très nombreux points positifs : abolition peine de mort mais aussi reconnaissance des violences conjugales et des violences sexuelles (avt le viol n'était pas un crime) et bcp d'autres choses.
Le pénalisation de l'homosexualité est le prix à payer pour faire passer toutes ces mesures impopulaires dans un pays où la morale est très dure... l'opinion est majoritairement contre le nouveau code...
Désolé aussi de dire que dans ce pays, les priorités sont loin d'être la reconnaissance des minorités dont les homosexuels...
C'est une attitude qui se retrouve aussi chez les hétéros. Est ce du à l'identification plus forte avec les américains ? Toujours est il que les africains ne suscitent pas l'intérêt de la même façon !
Espérons que les médias et les associations LGBT prendront la situation du Burundi en considération.
Hallucinant comment une régression des droits LGBT dérange finalement si peu.
Hallucinant de voir que cela soit justifié comme le prix à payer !