Vous avez tous en mémoire le verdict du tribunal de Besançon qui, le 10 novembre 2009, annulait la décision du Conseil du Jura qui refusait l'agrément d'adoption à Emmanuelle B., une enseignante vivant ouvertement en couple avec une autre femme. Jean Raquin (divers droite), le président du Conseil général du Jura, s'était opposé pendant plusieurs années à ce qu'Emmanuel B. puisse adopter.
Hier, Libération relatait une histoire similaire, à deux différences près... La première, c'est que le président du Conseil général en question est socialiste (Augustin Bonrepaux, Ariège). La deuxième, c'est que le couple est composé de deux hommes... Voici l'histoire : Il y a cinq ans, Pierre, la quarantaine, entame une démarche d'adoption. Malgré l'avis favorable du psychologue et de l'assistante sociale en charge de l'évaluation, qui savaient que Pierre vivait avec un autre homme, le président socialiste Augustin Bonrepaux avait refusé à Pierre l'agrément, en s'abritant derrière le « principe de précaution ». Il avait justifié sa décision par crainte que l'enfant ne grandisse dans « un milieu familial indifférencié, sans repères quant au rôle de chaque membre du foyer »... Christine Boutin, sors de ce corps !!!! Selon le journal, le tribunal administratif de Toulouse a annulé ce refus d'agrément. Pierre devrait donc bientôt recevoir cette autorisation qui lui permettra d'adopter. Le quotidien explique que le couple ne voulait pas médiatiser cette affaire. Voilà sans doute pourquoi nous apprenons seulement ce verdict, qui a pourtant été rendu le 27 octobre 2009, soit 15 jours avant la décision du tribunal de Besançon.
Une information qui tombe au moment même où un élu socialiste de l'Ariège, Michel Teychenné, accuse Augustin Bonrepaux d'homophobie. Il lui reproche en effet de l'avoir exclu de la troisième place des listes PS pour les régionales, au seul motif qu'il serait homosexuel. Suite à ces accusations, Augustin Bonrepaux a annoncé qu'il allait porter plainte contre Michel Teychenné.
Plus d'infos sur Libetoulouse : ici et ici.
Luc Chatel était l'invité ce matin de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV. Interrogé sur le court métrage Le baiser de la lune, le ministre de l'Éducation Nationale a répondu indirectement à la lettre ouverte de Christine Boutin. Luc Chatel a été très clair : le film « n'a pas vocation a être diffusé en primaire » où, selon le ministre, la lutte contre l'homophobie y est « prématurée ».
Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ci-dessous.
Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici.
Il est insupportable de constater, qu'une fois encore, la droite ultra conservatrice menée par Christine Boutin dicte sa loi à notre gouvernement. Encore plus insupportable d'entendre de la bouche du ministre de l'Éducation Nationale que la lutte contre l'homophobie soit prématurée en primaire. Que craint-il ? Qu'en entendant parler d'amour entre deux garçons, tous les enfants deviennent homosexuels ? Nous avons tous été bercés depuis notre plus jeune âge par des histoires d'amours, contes et dessins animés « hétéronormés » et, aux dernières nouvelles, cela ne nous a pas rendus hétérosexuels pour autant.
Une des priorités de la lutte contre l'homophobie est de faire en sorte que les jeunes homosexuels, qui se suicident 7 à 13 fois plus que leurs camarades hétérosexuels, ne se sentent plus différents des autres. L'éducation a un rôle primordial pour y parvenir, à commencer par traiter l'amour entre deux garçons ou entre deux filles aussi naturellement qu'entre un garçon et une fille, et non pas systématiquement comme d'un sujet délicat ou tabou dont il faudrait protéger les plus jeunes.
N'hésitez pas à donner vos idées d'actions à mener suite aux déclarations de Luc Chatel.
À lire aussi sur GayClic :
Christine Boutin demande l'interdiction du court métrage «Le baiser de la lune»
«Le baiser de la Lune», un court métrage sur l'homosexualité à l'intention des élèves de CM1 et CM2 (vidéo)
En décembre dernier, GayClic vous présentait le projet du film de Sébastien Watel, Le baiser de la Lune, « un court-métrage d'animation poétique pour aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe à l'intention des enfants de CM1/CM2 ». Pour plus d'infos et voir la bande annonce, cliquez ici.
Depuis, il semble que la mobilisation de certains groupes de droite et d'extrême droite pour faire interdire ce projet, porte ses fruits... En effet, bien qu'ayant soutenu le court métrage depuis ses débuts, les ministères de l'Éducation Nationale et de la Jeunesse et des Sports ont demandé, et obtenu, le retrait de leurs logos qui étaient présents comme partenaires sur le site du film...
Une polémique que vient de récupérer Christine Boutin... Tu penses ! Dans une lettre ouverte adressée vendredi au ministre de l'Éducation Nationale Luc Chatel, la présidente du Parti Chrétien-Démocrate (associé à l'UMP) exprime sa « surprise » et son « indignation », partagées selon elle par « un nombre croissant de Français », au sujet du projet de diffusion du film Le baiser de la Lune. Pour Christine Boutin, ce film « bafoue le principe de la neutralité de l’enseignement public en s’immisçant dans la conscience et l’intimité des enfants sans égard pour la responsabilité éducative de leurs parents », et prive, « sous l’impulsion de groupes de pression », les enfants « des repères les plus fondamentaux que sont la différence des sexes et la dimension structurante pour chacun de l’altérité. » En conclusion de sa lettre, Christine Boutin demande au ministre Luc Chatel d'affirmer son « opposition à ce film en obtenant l’interdiction de sa diffusion. »
Après s'être déclarée pour l'interdiction de l'adoption par les célibataires afin d'en priver également les homosexuels, Christine Boutin exigera-t-elle la suppression dans les écoles de tous les livres et films qui parlent d'amour ? Tout est possible ! Il ne reste plus qu'à attendre la réponse de Luc Chatel.
Rappelons que le court métrage est toujours en cours de réalisation...
Dans un communiqué, le Centre LGBT de Nantes informe avoir été victime de « dégradations à caractère discriminatoire » dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 janvier 2010 : « Une dizaine d'autocollants a été collée sur la vitrine, signés du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, groupe inconnu des mouvements religieux de Nantes. »
Ci dessous deux des autocollants retrouvés sur la vitrine.


Tiens, ils ont laissé leur adresse e-mail...
Pour le Centre LGBT de Nantes, qui a déposé plainte, « cet acte renforce l’idée » que son action est « nécessaire » et que son existence « est indispensable au maintien des libertés lesbiennes, gays, bi et transidentitaires. » Le Centre avait déjà déposé une plainte en 2009 pour des actes similaires.
Dans une interview accordée au journal 20 Minutes suite à cette affaire, Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes, déclare à propos du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France (MJCF) : « Je ne les connais pas, mais ce sont de toute façon des dissidents. » Tout en rappelant son opposition au mariage pour les homosexuels, l'évêque ajoute qu'« on peut défendre cette conception tout en respectant que des gens s'aiment ».
Toujours selon 20 Minutes, le MJCF, pour sa part, brandit l'aspect « informatif » de son action. Lié à la fraternité Saint-Pie-X, attaché à la messe en latin et regroupant une quarantaine de Nantais, il l'assume du bout des lèvres : « Tapisser la vitrine du centre LGBT n'est sans doute pas très malin », concède un responsable nantais. « Mais sur le fond, nous défendons l'ordre naturel des choses : l'état d'homosexualité n'est pas normal »... Bla bla bla...
Vous vous souvenez très certainement de l'histoire de Cynthia et Priscilla, un couple de lesbiennes qui, en juillet dernier, avait été obligé de quitter son appartement d’Epinay-sous-Sénart (Essonne), après avoir été victime d’une agression homophobe. D'abord insultées, les deux jeunes femmes âgées de 21 ans avaient ensuite été frappées. Lire l'article du 7/07/2009. En septembre 2009, le tribunal d'Evry avait condamné l'un des agresseurs à 60 heures de travaux d'intérêt général, mais n'avait pas retenu la proposition de Caroline Mécary, l'avocate des deux victimes, d'obliger le coupable à participer à des séances pédagogiques organisées par des associations. Lire l'article du 18/09/2009.
Les trois autres agresseurs ont été jugés la semaine dernière. Les trois mineurs au moment des faits ont été reconnus coupables d'injure publique du fait de l'orientation sexuelle et, pour l'un d'eux, de violences. Le tribunal d'Evry les a condamnés à verser chacun 150 euros de dommages et intérêts à chacune des deux jeunes femmes, avec, cette fois-ci, l'obligation de suivre un stage de sensibilisation au phénomène de l'homophobie auprès d'une association. (AFP).
Dans le dernier numéro du magazine féminin Grazia paru cette semaine, Cynthia et Priscilla posent (photo ci-dessus) dans la nouvelle cité de l'Essonne où elles se sont installées. Dans l'interview qui accompagne la photo, elles déclarent vivre aujourd'hui sans se cacher : « La mentalité n'a rien à voir ici, peut-être parce que les parents et les grands frères sont plus présents. Du coup, on se dit qu'il ne faut pas mettre toute la banlieue dans le même sac, heureusement ! »
Dans une déclaration rapportée ce matin par L'Express, Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, a de nouveau dérapé en déclarant à propos de Laurent Fabius (d'origine juive) : « Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique. »
Ce matin, la première secrétaire du PS Martine Aubry s'est dite « indignée » par ces propos. Cet après-midi, elle a proposé à la maire de Montpellier Hélène Mandroux, à l'origine de l'Appel de Montpellier en faveur du mariage pour les couples homosexuels, de conduire une liste régionale alternative de rassemblement de la gauche et des écologistes. Rappelons que la direction du PS avait d'abord décidé de ne pas présenter de liste face à George Frêche, malgré ses dérapages précédents sur les Harkis et les footballeurs noirs en équipe de France. De son côté, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, se dit prête à travailler avec Hélène Mandroux. À suivre...
Il y a quelques jours, Hélène Mandroux a écrit une lettre à Nicolas Sarkozy pour lui demander l'ouverture du mariage et de l'adoption pour les couples homosexuels. La lettre est disponible sur le site www.lappeldemontpellier.fr.
Mise à jour 18h15 : Hélène Mandroux vient d'accepter la proposition de Martine Aubry pour conduire une liste face à Georges Frêche.
Dans son discours sur l'état de l'Union prononcé hier soir devant le Congrès américain, Barack Obama a réitéré sa volonté d'abroger la loi du Don't Ask Don't Tell, qui interdit aux militaires gays et lesbiennes d'évoquer leur homosexualité, sous peine d'être exclus de l'armée : « Cette année, je vais travailler avec le Congrès et nos militaires pour enfin abroger la loi qui nie aux Américains homosexuels le droit de servir le pays qu'ils aiment à cause de qui ils sont. »
GayClic vous propose (et vous conseille) de regarder ce court extrait du discours, notamment pour apprécier les visages « emballés » des militaires placés au premier rang. Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image ci-dessous.
Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici.
Le quotidien britannique Daily Mail vient de publier les photos d'un couple de transsexuels américains, dont l'un d'entre eux, Scott, doit donner naissance à un petit garçon au mois de février.
Scott et Thomas, anciennement Jessica et Laura, sont mariés légalement puisque Scott, contrairement à Thomas, n'a pas subi d'opération de ses organes génitaux. Il est donc toujours considéré comme une femme par l'état civil. En juin 2009, Scott a eu recours à une insémination artificielle grâce à du sperme donné par un des amis du couple. « Nous étions si heureux », raconte Thomas, « que nous sommes allés faire ce que font tous les homosexuels quand ils sont excités... du shopping. »
Scott et Thomas, qui ont déjà deux enfants (que Thomas a eus avec son ex-femme aujourd'hui décédée), expliquent qu'ils ont eu beaucoup de mal à trouver un docteur qui accepte de suivre la grossesse. Quant aux discriminations dont pourrait être victime leur enfant, Thomas ne s'inquiète pas trop et explique que Logan, son fils de 10 ans, répond aux attaques par ces mots : « Si vous avez un problème avec mes deux pères, ce n'est pas mon cas, alors vous ne me blessez pas. »
Voici une photo du couple et de leurs enfants.

On se souvient qu'en mars 2008, la photo d'un autre transsexuel attendant un bébé avait fait la une des médias du monde entier. Lire l'article du 27 mars 2008.